Hyperhidrose – Quoi faire en cas de transpiration excessive?

Hyperhidrose ou transpiration excessive – Quelques astuces peuvent vous permettre de venir à bout d’un problème de transpiration. Sans oublier que cette fonction naturelle sert avant tout à réguler notre propre température.

La transpiration est une fonction humaine indispensable, mais certaines personnes semblent en « profiter » plus que d’autres, surtout en plein exercice physique et pendant les mois d’été. Inutile de vous enfermer dans une bulle d’air climatisée, découvrez plutôt les causes et les solutions à ce problème :

Les types de transpiration

Il existe trois types de transpirations différentes : celle du corps, sans odeur, qui sert à diminuer la température interne de l’organisme, la transpiration des mains et des pieds, qui se déclenche principalement en cas de stress, et la transpiration au niveau des aisselles et de la zone génitale. Dans ce dernier cas, l’odeur est plus forte à cause des bactéries, mais son objectif n’est pas vraiment clair.

Les causes

Le corps transpire quand la température à l’extérieur, à cause de l’humidité, ou à l’intérieur, à cause du sport, est trop élevée. C’est donc normal d’être trempé lorsqu’on pratique un exercice physique plus intense que d’habitude, alors que les athlètes professionnels, habitués à cet effort, n’ont pas une goutte de transpiration sur eux. Plus on s’entraine, plus le corps apprends à bien se réguler. Paradoxalement, cela se traduit parfois par une transpiration excessive, car l’organisme anticipe l’effort pour éviter de se surchauffer. En cause, la génétique, l’indice de masse corporelle, la quantité de masse musculaire, et l’activation (ou pas) des glandes sudoripares avant l’âge de 2 ans, indique Health.

 

Les solutions

La première règle à suivre lorsqu’on transpire beaucoup est de boire beaucoup d’eau, avant, pendant et après l’activité sportive que vous pratiquez. Lorsque l’organisme s’habitue progressivement aux températures plus hautes et à l’intensité du sport, il a besoin d’eau pour diminuer la production de sueur. Gardez un poids équilibré, porter des vêtements adaptés qui laissent respirer les zones « à risque », et se donner quelques semaines pour s’acclimater en cas de changement de température vous sera très utile. Dans les cas les plus extrêmes, quand une personne souffre d’hyperhidrose, il est indispensable de parler à son médecin traitant afin de trouver le traitement médical le plus adapté.

Quand le problème devient plus sérieux, des solutions existent.

Les traitements dépendent de l’ampleur du problème. Règle générale, les personnes qui consultent un médecin ou un dermatologue ont essayé plusieurs déodorants et antisudorifiques offerts en vente libre, avec des résultats insatisfaisants.

Antisudorifiques

Avant de consulter un médecin, on peut faire l’expérience d’antisudorifiques plus puissants que les antisudorifiques courants en consultant un pharmacien. Ces produits sont conservés derrière l’officine, car leur utilisation nécessite de bien connaître la marche à suivre.

Les produits suggérés en cas de transpiration excessive contiennent du chlorure d’aluminium, plus efficace que le chlorhydrate d’aluminium ou de zirconium, couramment employé dans les antisudorifiques réguliers.

Produits offerts sans ordonnance:

  • Une solution d’alcool éthylique contenant du chlorure d’aluminium à des concentrations variables : 6 % (Xerac AC®), 6,25 % (Drysol doux®) et 20 % (Drysol®). Disponible sous forme d’applicateur pour les aisselles et en solution embouteillée pour les mains et les pieds;
  • Un gel hydro-alcoolique contenant 15 % de chlorure d’aluminium, pour les aisselles, les mains et les pieds (par exemple, Hydrosal®). Le gel cause habituellement moins de réactions cutanées que la solution d’alcool;
  • Le produit Certain Dri® renferme aussi du chlorure d’aluminium (12 %). Il est pour sa part offert en pharmacie sur les tablettes, car il est en solution aqueuse.

Le risque d’irritation, de démangeaisons et de rougeurs est plus grand qu’avec les antisudorifiques classiques. Suivre les indications du fabricant et du pharmacien.

Si ces produits ne contrôlent pas la sudation de façon satisfaisante, un médecin ou un dermatologuepeut prescrire un antisudorifique qui contient un mélange de chlorure d’aluminium et d’autres ingrédients actifs.

Dans les cas plus graves

Ionophorèse. L’ionophorèse consiste à utiliser un courant électrique pour diminuer la sécrétion de sueur. Elle est indiquée pour les personnes qui souffrent d’une hyperhidrose grave aux mains ou aux pieds. Les mains, par exemple, sont immergées dans deux bacs d’eau, dans lesquels on met une électrode reliée à un appareil qui génère un courant de 20 milliampères. La séance dure une vingtaine de minutes et est répétée plusieurs fois par semaine. Une fois que la personne connaît bien les procédures, elle peut se procurer un appareil et faire ses traitements à la maison. Cette méthode doit être poursuivie pour conserver son efficacité. Elle comporte certaines contre-indications. S’informer auprès de son dermatologue.

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 Injection de toxine botulique. L’injection sous-cutanée de la toxine botulique (Botox®) est employée pour traiter l’hyperhidrose grave des aisselles, des mains, des pieds et du visage. La toxine botulique bloque les transmissions nerveuses en direction des glandes sudorifiques. L’effet des injections persiste environ quatre mois. L’anesthésie locale est nécessaire. Elle peut se faire par l’injection de lidocaïne ou par un pistolet (sans aiguille). Un traitement nécessite plusieurs injections et coûte quelques centaines de dollars. Cet usage du Botox® est autorisé par Santé Canada, et en France pour l’hyperhidrose axillaire sévère. Des contre-indications s’appliquent.

Médicaments anticholinergiques. Ces médicaments pris par voie orale, comme le glycopyrollate et la propanthéline, bloquent l’action de l’acétylcholine. Ce messager chimique stimule une foule de réactions biologiques, y compris la production de sueur. Cette option est toutefois peu utilisée et peu intéressante à long terme en raison des effets secondaires (bouche sèche, constipation, perte du goût, étourdissements, etc.). Les anticholinergiques sont surtout employés en cas de transpiration généralisée (sur tout le corps). Il existe aussi des anticholinergiques topiques sous forme de solutions aqueuses, appliqués sur le front et le cuir chevelu.

Thérapie cognitivo-comportementale, antidépresseurs. Lorsque la composante psychique est importante, certains médecins prescrivent des tranquillisants, des médicaments antidépresseurs ou des anxiolytiques. Une thérapie cognitivo-comportementale peut également être recommandée.

Traitements chirurgicaux

Sympathectomie thoracique. Cette chirurgie, qui consiste à détruire de manière définitive les ganglions sympathiques qui innervent les glandes sudoripares, traite l’hyperhidrose des aisselles et des mains. L’intervention peut être faite avec un endoscope, ce qui réduit à la fois la taille de l’incision et le temps de convalescence. Néanmoins, il se peut qu’une hyperhidrose compensatrice se produise dans le dos ou à l’arrière des jambes.

Excision des glandes sudoripares. Par chirurgie, il est possible d’enlever une partie des glandes sudoripares des aisselles. Les complications locales sont rares.

 

Conseils pour un meilleur confort au quotidien:
  • Se laver quotidiennement pour éliminer les bactéries.
  • Se sécher correctement après le bain ou la douche. Bactéries et champignons ont tendance à proliférer sur une peau humide. Surveiller particulièrement la peau entre les orteils. Au besoin, saupoudrer les pieds d’un produit antisudorifique après le séchage;
  • Boire beaucoup d’eau pour compenser les pertes, ce qui peut aller jusqu’à 4 litres par jour. L’urine doit être claire;
  • Changer tous les jours de chaussures si la sueur est localisée aux pieds. Les chaussures ne sécheront probablement pas en une nuit. Il est donc préférable de ne pas mettre la même paire deux jours de suite;
  • Choisir des vêtements en tissus naturels (coton, laine, soie) qui permettent à la peau de respirer. Pour les activités sportives, privilégier les fibres « respirantes » qui permettent à la transpiration de s’évaporer;
  • Porter des vêtements appropriés à la température ambiante. Avoir à portée de la main un vêtement de rechange;
  • Opter pour des chaussures en cuir et des chaussettes en coton ou en laine. Durant la pratique d’activités sportives, porter des chaussettes de sport adaptées et des chaussures avec semelles absorbantes ou antifongiques. Changer de chaussettes une à deux fois par jour;
  • Aérer le plus souvent ses pieds;
  • Utiliser des antisudorifiques la nuit sur la paume des mains et la plante des pieds. Préférer les antisudorifiques sans parfum.

Auteur de l’article : Dr Lahouar

Docteur en médecine générale passionné par la technologie et l'informatiqueJe travaille en tant que consultant fonctionnel et marketing pour les industriels de santé.

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