La radiologie interventionnelle – La spécialiste du futur!

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Alors que la dernière version des textes de la réforme du 3eme cycle laisse planer un doute sur l’allongement ou non du DES de radiologie pour les étudiants prenant l’option de radiologie interventionnelle (RI) avancée,… En avant-première voici des perspectives offertes par cette spécialité innovante qui va jouer un rôle déterminant dans la médecine préventive et personnalisée de demain.

radiologie interventionnelle

«  En cinq ans, le temps de mon internat, tout a changé. Et les internes que nous nous apprêtons à former ne peuvent pas imaginer qu’elle sera leur spécialité à l’issue de leurs prochaines 5 ou 6 années de formation. Avec les nouvelles technologies, le rôle des ingénieurs, le métier évolue très rapidement et entre dans des champs d’application de plus en plus vastes » explique le Pr Laure Fournier (Hôpital Européen Georges Pompidou – AP-HP). Pour ce jeune professeur, la formation des internes est l’enjeu de la pratique de demain. Le radiologue en 2030 devra être polyvalent et sur spécialisé car les progrès de l’imagerie permettent de travailler non plus sur un seul organe mais plusieurs à la fois. Pour elle, la nécessité d’une année de formation supplémentaire est indispensable face à la complexité d’une spécialité qui repose sur le big data et l’intelligence artificielle et qui permet d’obtenir un diagnostic sans plus seulement passer par des examens biologiques. « La radiologie ne se résume pas à des actes techniques, l’imagerie est inhérente au diagnostic, au traitement et à la surveillance, les radiologues sont des cliniciens avant tout  » martèle le Pr Jean-Michel Bartoli, Président des Journées Francophones de Radiologie 2017. La radiologie, plus que jamais, s’intègre à la vie de l’homme.

Du prénatal au post mortem

« Du prénatal au post mortem, elle intervient à tous les âges de la vie et est soumise aux enjeux de la société moderne. Cette discipline médicale, technologique et scientifique utilise les techniques les plus élaborées » précise le Pr Jean-François Meder, Président de la Socité Française de Radiologie.

Les nouveaux internes vont découvrir une palette de métiers dans leur spécialité. L’imagerie médicale est utilisée dans la plupart des spécialités. En neurologie ou aux urgences, elle est souvent le premier recours au diagnostic, ce qui permet de prendre en charge le patient plus rapidement et d’organiser les soins.

Chaque année plus de 150 000 AVC frappent des patients or « Le mot clé de la prise en charge est le temps. Car dès le début des symptômes, c’est une course contre la montre qui s’engage. L’utilisation de l’IRM permettant de dater l’ischémie : lorsque l’AVC se produit pendant la nuit, l’IRM permet de connaître son heure de début, un facteur actuellement important conditionnant la thérapeutique. Le radiologue apporte le diagnostic en voyant l’ischémie et participe au traitement en retirant le thrombus : Voir et Soigner. Son rôle est interactif avec celui des neurologues, des urgentistes, du SAMU et des pompiers pour le choix le plus adapté du traitement pour les patients » explique le Dr Myriam Edjlali-Goujon, Centre hospitalier Sainte-Anne, Paris.

Une autre application de l’imagerie se développe de plus en plus en pédiatrie pour éviter le stress d’examens trop invasifs ou impressionnants pour les enfants. Le radio pédiatre veille à «  ce que la rencontre avec l’enfant et ses parents se fasse en confiance et dans un environnement adapté, avec des techniques rapides et des protocoles actualisés, en phase avec la transition écologique qui s’est opérée en imagerie pédiatrique depuis la campagne « image gently » détaille le Dr Eléonore Blondiaux, Maître de Conférences des Universités – Praticien Hospitalier, Service d’imagerie, Hôpital Armand Trousseau, Université Pierre et Marie Curie, Paris. 
Il s’agit non seulement de limiter des doses d’irradiation pour les examens utilisant les rayonnements ionisants qui restent indispensables mais aussi de se tourner vers des techniques sans rayons X. L’utilisation en pratique courante de séquences en IRM comme la diffusion dans l’IRM intestinale permettent d’éviter dans certains cas l’injection d’un produit de contraste et par conséquent l’inconfort de la pose d’une voie veineuse périphérique.

Tant de techniques de pointe pas toujours accessibles à tous et qui invitent à réfléchir sur la relation radiologue patient notamment sur l’annonce des résultats d’examen qui n’incombe plus au médecin traitant.

FOCUS : La radiologie, arme de la médecine légale

L’imagerie médico-légale entre au cœur des enquêtes policières, judiciaires ou familiales. Arme incontournable du légiste (après son scalpel) et des experts, elle est utilisée pour évaluer la réparation du préjudice corporel, lever une suspicion de maltraitance chez l’enfant, estimer l’âge osseux des vivants, l’identification thanatologique.

Plus que jamais médecins et magistrats sont amenés à collaborer ensemble. Un DU sur la maltraitance est proposé à l’Ecole de la Magistrature, pour former les professionnels de la justice à la reconnaissance des signes de violence. Ces cours sont dispensés essentiellement par des radio pédiatres. En effet, « le radiologue est en première ligne dans le diagnostic précoce des lésions infligées au jeune enfant : fractures, traumatismes abdominaux, hématomes intracrâniens etc… Ces lésions peuvent être insoupçonnées cliniquement, sans ecchymoses ou lésions cutanées au moment du diagnostic. L’absence de cohérence entre les circonstances évoquées par l’entourage d’un enfant et les lésions retrouvées en imagerie est un élément clé du diagnostic. La moindre suspicion impose l’hospitalisation de l’enfant dans un souci de protection. Les documents radiologiques constituent des pièces maitresses du dossier d’expertise médico-légale » témoigne le Pr Catherine Adamsbaum, Hôpital Bicêtre – AP-HP.

Autre terrain qui passionne médecins et policiers : la balistique qui grâce à la « 
la tomodensitométrie (TDM) post-mortem pré-autopsique est devenue non seulement la technique de choix pour la localisation multiplanaire de la balle, mais aussi pour établir les aspects dynamiques de la blessure, sans modification de l’état du corps qui peut donc être reconstruit en trois dimensions
 » explique » le Pr Guillaume Gorincour, Hôpital La Timone Enfant – AP-HM.

Tant d’exemples qui seront présentés par
Le GRAVIT (Groupe de Recherche en Autopsie Virtuelle et Imagerie Thanatologique),
Lors de « la 1ère Journée Francophone d’Imagerie Médico-Légale, co-organisée avec la Société Française de Médecine Légale(SFML).

Les internes sont attendus aux JRF où ils pourront assister à des cours, suivre les fameuses présentations de « Ma thèse en 180 secondes »

 

Source: remede.org

Auteur de l’article : Dr Lahouar

Docteur en médecine générale passionné par la technologie et l'informatiqueJe travaille en tant que consultant fonctionnel et marketing pour les industriels de santé.

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