Canicule et hypertension – ce qu’il faut savoir!

Les hypertendus le savent bien. Pour contrôler leurs chiffres de pression artérielle, ils doivent prendre continuellement leur traitement, sans sauter de jour.  Mais ce traitement ne doit pas être prescrit une fois pour toutes de façon immuable, car les chiffres tensionnels ne sont pas figés dans le marbre.

La tension artérielle change avec les saisons

Une équipe d’épidémiologistes français vient d’en apporter une nouvelle démonstration dans un article publié dans la revue américaine Archives of Internal Medicine.  Cette étude, dite des « trois villes » a inclus 8801 personnes dont la moyenne d’âge était de 74,3 ans, et vivant à Bordeaux, Dijon et Montpellier.
La pression artérielle de ces volontaires a été mesurée aux quatre saisons, chaque mesure se faisant après cinq minutes de repos et assis. Deux mesures par séance étaient effectuées et les chercheurs ont gardé la valeur moyenne.canicule et personnes agees
Et ils ont constaté que selon le moment de l’année les chiffres variaient aussi bien pour la pression artérielle systolique (PAS) que pour la diastolique (PAD), ce qu’on appelle aussi la maximale et la minimale.
Ainsi on a constaté en hiver une PAS moyenne de 149 (pour les puristes en mm Hg, millimmêtres de mercure pour les autres !) et de 144 en été, soit 5 mm Hg de différence.Et cet écart était encore plus important quand on comparait les mesures moyennes correspondant aux 20 % des températures les plus basses et les 20% les plus élevées.Il passait en effet de 150,1 à 142,1. Et l’effet était encore plus grand parmi les sujets de plus de 80 ans.
Ces résultats montrent donc qu’il est important de bien surveiller les personnes de 65 ans et plus traités pour hypertension. D’abord parce qu’on sait qu’en les maintenant à des niveaux corrects de pression artérielle on protège leur cerveau du risque de détérioration mentale et d’altération d’un certain nombre de fonctions, ce que le vocable médical appelle la démence.
Mais ils montrent aussi qu’il faut savoir ajuster les traitements en fonction de la période de l’année et que l’été, par exemple, l’effet de certaines médications risque de se trouver amplifié du fait des conditions climatiques. Abaisser trop une pression artérielle chez un sujet âgé et fragile est dangereux car les artères n’ont pas la souplesse requise pour jouer au yoyo. On court ainsi le risque de voir un cerveau insuffisamment irrigué avec la possibilité de malaises et de chutes.

Diurétiques et déhydratation

Cela est d’autant plus vrai qu’on a recours à des médicaments diurétiques qui vont accroitre la déshydratation et entrainer une hypovolémie, c’est-à-dire un remplissage moindre des vaisseaux sanguins.Or, l’été, et la canicule d’août 2003 en a été une funeste démonstration, les plus fragiles ne sont pas les mieux suivis.
Il faudrait donc sans doute recommander que les personnes âgées traitées par antihypertenseurs bénéficient par quelque moyen que ce soit d’une surveillance de leur tension artérielle plusieurs fois au cours des périodes chaudes, c’est-à-dire au delà de 22°C.
Et ajuster le traitement si nécessaire.

Autres considérations pour les médicaments

Les diurétiques accentuent la perte d’eau dans l’organisme. Avec la canicule, les premiers médicaments dont il faut se méfier sont les diurétiques, prescrits à de nombreux hypertendus. Le problème, c’est qu’ils accentuent la perte d’eau dans l’organisme. Il n’est toutefois pas question d’arrêter le traitement, il faut s’hydrater davantage.

Il faut également redoubler de vigilance si vous prenez des antidépresseurs, des antimigraineux ou bien encore certains antiallergiques car ils limitent la formation de sueur, or transpirer est le meilleur moyen de se rafraîchir.

Ne pas mettre les médicaments dans le coffre surchauffé de la voiture. Au moment de prendre la route, il faut également veiller à ne pas mettre la trousse de médicament dans le coffre surchauffé. « Il faut un petit sac ou une glacière de type camping et on ne met pas en contact directement les médicaments avec les blocs réfrigérant pour éviter qu’ils ne gèlent », explique au micro d’Europe 1 François Chast, pharmacologue. « On peut emballer les médicaments dans une feuille de papier journal pour éviter un contact direct », poursuit-il.

Auteur de l’article : Dr Lahouar

Docteur en médecine générale passionné par la technologie et l'informatiqueJe travaille en tant que consultant fonctionnel et marketing pour les industriels de santé.

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